À Morges en novembre 2024, Christophe Willem ouvrait avec « J'avance ». Pas un hasard de scalette : c'est une déclaration d'intention posée dès la première mesure. Et il fermait sur « L'été en hiver », titre qui fonctionne comme une contradiction assumée — la chaleur dans la saison froide, le sentiment de décalage permanent. Entre les deux, quinze titres qui dessinent un portrait assez précis de là où il en est. La tournée 2026-2027 qui démarre ce 5 novembre à Tours prolonge cette logique.
Ce que les setlists récents disent vraiment
Comparer les deux concerts documentés de 2024 — Morges le 7 novembre et le Site Minier de Wallers le 31 août — est instructif. Le cœur est stable : « J'avance » en ouverture, « Solitude », « Berlin », « Comme un pantin » dans les deux cas. Ce sont les piliers. Mais Wallers intègre « Double je », « Marlon Brando » et « Jacques a dit » — des titres plus anciens, plus agités, qui font monter la température différemment. Le concert en plein air, en été, sur un site industriel reconverti, appelait autre chose qu'une salle de théâtre suisse en automne.
Ce qui frappe surtout : « Sunny », le standard de Bobby Hebb, apparaît dans les deux setlists. Willem qui reprend Sunny en 2024, c'est un rappel de ses racines — jazz, gospel, blues — qu'il creusait bien avant Nouvelle Star. Il ne joue pas contre son passé. Il le cite, sans s'y enfermer.
Ouvrir sur « J'avance » et clore sur « L'été en hiver », c'est encadrer le concert dans une tension permanente entre élan et mélancolie. Il y a pire comme programme.
La géographie de la tournée : ni Paris, ni grandes salles
Regardez la carte : Tours, Forges-les-Eaux, Boulogne-sur-Mer, Saint-Quentin, Lannion, Quimper, Gap, Dole. Ce n'est pas une tournée de prestige dans les zéniths. C'est une France intermédiaire, des villes moyennes, des salles à taille humaine. Liège et Mons pour la Belgique. Une étape à Biarritz, une à Pau — le Sud-Ouest rarement bichonné dans ce genre de circuit pop-chanson.
Ce choix dit quelque chose sur la relation que Willem entretient avec son public. Pas de concentration sur deux ou trois grandes métropoles. Une dispersion qui suppose une logistique plus lourde, mais un contact plus direct. Le Site Minier de Wallers en 2024, la Place des 3 Fers à Bertrix en juillet — il y a une constante dans la scénographie des lieux atypiques.
Né à Enghien, révélé à Toulouse, attendu partout ailleurs
Il a grandi à Deuil-la-Barre, dans le Val-d'Oise. Piano de 7 à 14 ans, jazz ensuite, gospel et blues après — une formation en couches successives que la télé-réalité a ensevelie sous son étiquette Nouvelle Star 2006. C'est pourtant cette base qui explique pourquoi « Sunny » résiste dans les setlists vingt ans plus tard, pourquoi « Berlin » fonctionne là où un titre de pop lisse ne tiendrait pas la longueur.
Son dernier album studio, Panorama (2022), ancre la tournée dans un présent défini. On ne vient pas voir une rétrospective — ou pas seulement. « Élu produit de l'année », qui figurait à Morges, signale une veine plus ironique, moins attendue. C'est peut-être ça, le vrai fil conducteur de ce cycle live : un artiste qui assume les contradictions plutôt que de les lisser.
Où s'arrête la tournée — les prochaines dates
- →Jeu. 5 novembre 2026 — Tours décompte
- →Sam. 27 février 2027 — Forges-les-Eaux décompte
- →Jeu. 4 mars 2027 — Boulogne-sur-Mer décompte
- →Jeu. 11 mars 2027 — Saint-Quentin décompte
- →Ven. 12 mars 2027 — Annecy décompte
- →Sam. 13 mars 2027 — Dole décompte
- →Jeu. 25 mars 2027 — Lannion décompte
- →Ven. 26 mars 2027 — Quimper décompte
- →Dim. 4 avril 2027 — Montpellier décompte
- →Mer. 7 avril 2027 — Biarritz décompte
- →Jeu. 8 avril 2027 — Pau décompte
- →Mer. 14 avril 2027 — Liège décompte
- →Jeu. 15 avril 2027 — Mons décompte
- →Ven. 16 avril 2027 — Margny-lès-Compiègne décompte
- →Jeu. 22 avril 2027 — Gap décompte
La première date est dans quelques jours. Les billets pour Tours sont disponibles dès maintenant : Réserver ma place.