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Voulzy sans Souchon : que révèle cette tournée solo ?
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Voulzy sans Souchon : que révèle cette tournée solo ?

Quand Laurent Voulzy ouvre par "Bubble Star" plutôt que "Rockollection", c'est tout un rapport à sa propre carrière qui se redéfinit. Depuis avril, le compositeur de "Bidon" et "Allô maman bobo" enchaîne les dates sans Alain Souchon. Un détail ? Non. Une révolution silencieuse pour celui qui a passé cinquante ans dans l'ombre de son complice parolier.

Ce que disent les setlists de Coulommiers

Prenons les faits : lors de son passage à Coulommiers en mai 2026, Voulzy a joué seize titres. Quinze portent sa signature musicale, un seul ("The Captain of Her Heart") n'est pas de lui. Plus frappant : le medley "Allô maman bobo / J'ai dix ans / Rame / Foule sentimentale" mélange ses compositions pour Souchon avec celles qu'il interprète lui-même. Geste d'appropriation ou simple pragmatisme scénique ?

"Jeanne" et "Ma seule amour" figurent au programme, rappelant que Voulzy chanteur existe indépendamment de Voulzy compositeur-pour-Souchon. Mais c'est "Amélie Colbert" en final qui intrigue : ce titre absent des setlists de Coulommiers et Noisy-le-Grand réapparaît à Toul et Rueil-Malmaison. Hasard technique ou choix délibéré ?

Géographie d'une tournée qui évite Paris

Vaison-la-Romaine, Decines-Charpieu, Boulazac Isle Manoire : la tournée dessine une France périphérique. Seules échappées internationales, Bruxelles et Charleroi en octobre. Stratégie assumée ou contrainte de production ? Les 27 dates programmées jusqu'en décembre évitent soigneusement les grandes salles parisiennes.

Voulzy teste-t-il sa capacité à remplir sans l'effet Souchon ?

L'automne concentre l'essentiel : octobre charge avec Caen, Strasbourg, Châlons-en-Champagne, Troyes. Décembre clôture par un triptyque sud-ouest (Agen, Bayonne, Belley). Logique d'un artiste qui, selon sa biographie, "cumule les carrières" mais n'a jamais vraiment choisi entre les deux.

"21 souvenirs" comme point d'appui

La sortie de "21 souvenirs" en 2025 justifie-t-elle cette tournée ? L'album, vingt-cinquième de sa discographie, arrive après "Collection (Inédit & Raretés)" la même année. Inflation de sorties pour un artiste au "rythme de production lent" habituel ? Ou rattrapage nécessaire après des années d'hibernation relative ?

Les setlists récents n'intègrent aucun titre de ces albums récents. Voulzy mise sur le répertoire établi : "Le rêve du pêcheur", "Les nuits sans Kim Wilde", "Le soleil donne". Pari sûr ou aveu d'impuissance face au nouveau ?

L'éternel second rôle en vedette

Né en 1948, Voulzy a construit sa carrière sur un paradoxe : compositeur de tubes pour autrui, interprète de ses propres chansons confidentielles. "Rockollection" l'a révélé en 1977, mais combien se souviennent qu'Alain Souchon n'y était pour rien ?

Cette tournée pose la question frontalement : Laurent Voulzy existe-t-il artistiquement sans Alain Souchon ? Les 119 963 auditeurs Last.fm semblent y croire. Reste à convaincre les salles de province que le compositeur de "Bidon" mérite le premier plan. Réserver ma place devient alors un acte de foi : croire en Voulzy solo, cinquante ans après ses débuts.

Écrit par

Léa Marchand

Rédactrice musique pour WatchIsUp. Ex-chroniqueuse radio, spécialiste rap et chanson française.

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