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Garou ajuste ses medleys entre Rimouski et Toulouse
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Garou ajuste ses medleys entre Rimouski et Toulouse

Quand Garou enchaîne "Passe ta route", "La musique que j'aime" et "I Put a Spell on You" dans un même medley, il résume sa carrière en trois minutes. Lors de son passage à Saint-Quentin en mars 2026, cette séquence hybride mélangeait du Joe Dassin, du répertoire personnel et du blues américain. Un condensé de l'artiste à cinquante-quatre ans.

La tournée qui s'étend jusqu'en décembre révèle un Garou qui ajuste son spectacle au fil des salles. Entre Rivière-du-Loup en avril et les dates françaises qui arrivent, les setlists évoluent. "Un meilleur lendemain", titre de son album 2025, reste ancré dans chaque concert. Mais c'est dans les medleys que ça bouge.

Ce que disent les setlists récents

À Liège en février, Garou a glissé "Heartbreak Hotel" au milieu de son medley français. À Saint-Quentin, c'était Elvis qui disparaissait. Ces micro-variations racontent l'adaptation d'un artiste rodé aux salles européennes après ses débuts au bar le Liquor Store de Magog.

"Gitan" ouvre systématiquement. Choix logique pour un chanteur qui a construit sa notoriété sur Notre-Dame de Paris avant de bifurquer vers Dassin avec son album 2022. "La rivière de notre enfance" suit, créant cette nostalgie que Garou maîtrise depuis "Seul" en 2000.

Les medleys de Garou fonctionnent comme des carrefours : Plamondon croise Dassin, le Québec rencontre Memphis.

"Demande au soleil" ferme la partie acoustique avant que "Seul" relance la machine. Cette architecture de concert révèle un artiste qui sait équilibrer mélancolie et énergie. Vingt-six ans après Notre-Dame de Paris, Garou a trouvé sa formule.

Pourquoi cette géographie de tournée

Juillet démarre à Pornic. Novembre file de La Grande Motte à Biarritz. Décembre remonte vers Angers et la Bretagne. Cette trajectoire suit les bassins de spectateurs de Garou : le Sud-Ouest fidèle, la côte atlantique acquise, l'Est négligé sauf Nancy.

Deux dates à Toulouse en novembre signalent l'importance de cette ville pour l'artiste. Même stratégie qu'à La Grande Motte avec un double concert le même jour. Garou teste sa capacité à remplir deux fois plutôt que de prendre une salle plus grande.

L'effet Dassin en concert

"Garou joue Dassin" reste son projet le plus risqué. Reprendre un catalogue français mythique demandait de l'audace. En concert, ces titres se fondent naturellement dans son répertoire. "La musique que j'aime" collé à "Passe ta route" crée des ponts inattendus.

Cette assimilation du répertoire Dassin révèle la maturité de Garou. Fini le temps où il devait prouver qu'il existait au-delà de Quasimodo. À cinquante-quatre ans, il assume ses influences et ses emprunts.

Les billets disponibles confirment que son public suit. Même stratégie que pour ses précédentes tournées : jauges moyennes, contact direct, pas de fioriture scénique.

Là où la tournée va s'arrêter

Décembre finit par Ludres, près de Nancy. Choix curieux pour clôturer une tournée qui aura traversé la France du Sud au Nord. Garou privilégie les fins discrètes aux apothéoses parisiennes.

Cette discrétion correspond à sa position actuelle : artiste confirmé qui n'a plus rien à prouver mais continue de tourner parce que c'est là qu'il excelle. Ses medleys évolutifs le prouvent. Sur scène, Garou reste vivant.

Écrit par

Léa Marchand

Rédactrice musique pour WatchIsUp. Ex-chroniqueuse radio, spécialiste rap et chanson française.

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