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Benjamin Biolay : pourquoi « 15 octobre » ouvre chaque concert
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Benjamin Biolay : pourquoi « 15 octobre » ouvre chaque concert

Depuis ses récents passages à Tours et Nantes en avril 2026, Benjamin Biolay a pris une habitude révélatrice : ouvrir systématiquement ses concerts par « 15 octobre ». Ce titre, qui lance désormais chaque set, dit quelque chose de précis sur la manière dont l'artiste lyonnais conçoit la rencontre avec son public. Pas de « Jardin d'hiver » en ouverture pour amadouer d'emblée, pas de tube pour rassurer. Une chanson plus confidentielle, comme un aveu murmuré avant que la soirée ne commence vraiment.

La mécanique d'un set qui se dévoile

L'examen des setlists récentes révèle une architecture soigneusement pensée. Après « 15 octobre », Biolay enchaîne sur « Miss Miss » puis « La sieste », créant un triptyque d'ouverture qui va de l'introspection vers quelque chose de plus accessible. Cette progression n'a rien d'anodin : elle témoigne d'un artiste qui refuse de brader son propos initial pour s'assurer les faveurs immédiates du public.

Biolay préfère désormais installer son univers plutôt que de le négocier.

Les spectateurs du Palais des Congrès de Tours ont ainsi entendu « De la beauté là où il n'y en a plus » en milieu de set, titre qui fonctionne comme un manifeste esthétique. À Nantes, « Jardin d'hiver » – cette collaboration avec Henri Salvador qui l'a fait connaître du grand public – n'apparaît qu'en fin de parcours, presque en cadeau. Une hiérarchie assumée entre l'œuvre personnelle et les succès partagés.

Une tournée qui traverse la France autrement

La géographie de cette tournée mérite attention. Biolay s'arrêtera demain à Saint-Herblain, puis à Vienne et Puget-sur-Argens en juin, avant une pause estivale qui le mènera à Vaison-la-Romaine fin juillet. Ces choix de villes – ni trop grandes ni trop petites, souvent dotées d'équipements culturels de qualité – dessinent le portrait d'un artiste qui fuit autant les salles anonymes que l'entre-soi parisien.

L'automne s'annonce dense avec un passage par la Belgique (Seraing, 14 octobre) et une série de dates dans l'Est : Troyes, Reims, Nancy, avant les inévitables Zénith de Chenôve et Sausheim fin octobre. Le concert parisien du 5 novembre Acheter des billets s'inscrit dans cette logique : arriver dans la capitale fort d'une tournée déjà rôdée en région.

Ce que dit l'âge de la mélancolie

À 53 ans, Benjamin Biolay semble avoir trouvé sa vitesse de croisière. Ni dans l'urgence de prouver, ni dans la nostalgie de répéter. Ses 25 albums au compteur lui offrent un catalogue suffisamment fourni pour éviter le piège du « greatest hits » obligatoire. « Tu verras », qui clôture plusieurs de ses récents concerts, fonctionne moins comme une promesse que comme une conclusion provisoire, l'aveu d'un songwriter qui a appris à faire avec le temps qui passe.

Cette maturité se lit aussi dans le choix d'inclure « Moonlight Serenade » lors de son passage à Balma – un standard jazz qui révèle ses influences assumées, loin de tout calcul commercial. Car c'est peut-être cela, le Benjamin Biolay de 2026 : un artiste qui a cessé de s'excuser d'aimer ce qu'il aime.

Les prochaines étapes de la route

Voici les principales dates à retenir dans les semaines qui viennent :

L'été offrira une pause avant la reprise automnale qui s'annonce soutenue, avec notamment ce passage par Seraing qui confirme l'ancrage européen discret mais constant de l'artiste. Une tournée à suivre pour comprendre comment Biolay négocie aujourd'hui l'équilibre entre exigence artistique et plaisir partagé.

Écrit par

Camille Aurore

Critique musique pour WatchIsUp. Passionnée d'électro, de pop européenne et de scènes alternatives.

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