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Benabar, l'obstination tranquille d'un chansonniste en tournée
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Benabar, l'obstination tranquille d'un chansonniste en tournée

Le 29 avril 2026, L'Olympia affichait complet pour Benabar. Trois jours plus tôt, c'était La Cabane à Toulouse. Quelques semaines avant, L'Espace de Forges dans une ville que la plupart des tournées ignorent superbement. Ce détail — Forges-les-Eaux, Seine-Maritime, salle de province sans prestige particulier — dit quelque chose d'essentiel sur la façon dont cet artiste conçoit le live : non pas comme une démonstration de statut, mais comme un engagement territorial, presque capillaire.

Ce que les setlists du printemps révèlent

Les setlists des concerts de la première partie d'année 2026 sont d'une cohérence presque clinique. À Toulouse, à Paris, à Forges-les-Eaux, le même arc narratif se déploie, ouverture comprise : « Y'a une fille qu'habite chez moi » plante le décor de la soirée avec une familiarité calculée, ce portrait intime et légèrement absurde qui fonctionne comme un sas de décompression collective. On entre dans le concert comme on entre chez quelqu'un.

La progression vers « Feu de joie », puis « Elles dansent », suggère une montée en cadence délibérée, un refus du coup d'éclat immédiat. Benabar prend son temps. « L'effet papillon » arrive ensuite — morceau qui appartient au registre de la chanson française de caractère, plus complexe dans son écriture, moins immédiatement chantable — comme pour vérifier que le public est vraiment là, pas juste content d'y être.

La présence de « Les épices du souk du Caire » dans plusieurs concerts mérite attention : titre moins attendu dans un programme de chansonniste hexagonal, il introduit une couleur qui sort l'ensemble de la carte postale parisienne. Ce n'est pas anecdotique. Et la clôture systématique sur « Quatre murs et un toit » — titre issu de son catalogue récent — indique que le disque Le Soleil des absents (2026) n'est pas un alibi de tournée, mais le socle depuis lequel tout le reste prend sens.

Finir sur « Quatre murs et un toit » plutôt que sur un tube fondateur : c'est un pari, celui de convaincre que le présent vaut autant que la nostalgie.

De l'été provençal à l'automne industriel

La géographie de la tournée à venir dessine une France que les circuits habituels esquivent souvent. L'été s'ouvre sur la Méditerranée :

  • Jeudi 9 juillet 2026 — Roquebrune-sur-Argens décompte
  • Dimanche 26 juillet 2026 — Sète décompte
  • Dimanche 30 août 2026 — Châlons-en-Champagne décompte

Roquebrune-sur-Argens et Sète en plein juillet : la chanson française en plein air, avec tout ce que cela suppose de contexte favorable et de concurrence directe avec le mistral. Puis Châlons-en-Champagne en fin d'été, comme une transition vers le programme d'automne — Clermont-Ferrand, Caluire-et-Cuire, Dole, Biarritz, Bordeaux, Chasseneuil-du-Poitou, Angers, Belley, Montpellier, Lille, Beauvais, Le Touquet. Des noms qui forment une carte de France non-touristique, loin de la concentration parisienne.

  • Jeudi 12 novembre 2026 — Clermont-Ferrand décompte
  • Vendredi 13 novembre 2026 — Caluire-et-Cuire décompte
  • Samedi 14 novembre 2026 — Dole décompte
  • Jeudi 19 novembre 2026 — Biarritz décompte
  • Vendredi 20 novembre 2026 — Bordeaux décompte
  • Samedi 21 novembre 2026 — Chasseneuil-du-Poitou décompte
  • Samedi 21 novembre 2026 — Angers décompte
  • Samedi 28 novembre 2026 — Belley décompte
  • Dimanche 29 novembre 2026 — Montpellier décompte
  • Mercredi 2 décembre 2026 — Lille décompte
  • Jeudi 3 décembre 2026 — Beauvais décompte
  • Vendredi 4 décembre 2026 — Le Touquet-Paris-Plage décompte

Le Soleil des absents comme point de bascule

Sortie en 2026, Le Soleil des absents est le disque qui structure cette tournée. Benabar avait déjà sorti On lâche pas l'affaire et Indocile heureux en 2021 — deux albums dont les titres, à eux seuls, disaient une certaine posture : la résistance légère, l'entêtement souriant. Le nouvel album prolonge cette ligne tout en lui donnant une coloration plus grave, celle que suggère le mot « absents ».

Ce n'est pas anodin que la tournée couvre autant de villes moyennes. La chanson française de cette eau-là — narrative, précise dans son observation du quotidien, peu spectaculaire dans sa forme — trouve son public ailleurs que dans les grandes salles parisiennes qui ont tendance à formater l'expérience. Belley, Dole, Chasseneuil-du-Poitou : ces étapes ne sont pas des concessions géographiques, elles sont le cœur du projet.

Pour les premières dates de l'été, les billets disponibles sont à surveiller rapidement — les dates de juillet en extérieur ont une fâcheuse tendance à partir vite.

Écrit par

Camille Aurore

Critique musique pour WatchIsUp. Passionnée d'électro, de pop européenne et de scènes alternatives.

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https://www.watchisup.fr/blog/benabar
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